Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 17:27
Niccolo-Machiavelli-part.jpg Machiavel.

 

 « On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut », Nicolas Machiavel.


« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », Karl von Clausewitz.

 

« Toutes les guerres sont enfantines et livrées par des enfants », Herman Melville.


« La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus », Antoine de Saint-Exupéry.


« Le nationalisme, c’est la guerre », François Mitterrand.

Par Sylvain - Publié dans : Réflexions diverses
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 16:21
Aujourd'hui, c'est au tour de Maître Ponce (Nicolas P.) de nous présenter sa passion, qu'il pratique en association (peut-être pourrez-vous assister à l'un de ses entraînements sur le campus?). Bonne lecture.

la-troupe.JPG Photo: la "troupe" de Maître Ponce.

 

Les Frères d’Armes de Thorn (adresse site internet : http://www.f-a-thorn.com/) est une association dont le but est de faire partager leur passion du Moyen-Age et nous avons choisi comme période le XIIIème S. Ce choix a été fait en fonction des divers événements importants qui ont marqué cette époque aussi bien les croisades que par la bataille de Bouvines en passant par les guerres contre les cathares. Cependant, la tenue vestimentaire de l’époque nous plaisait beaucoup, les pièces d’armures faisant leur apparition (période intermédiaire où l’on peut trouver une grande palette d’armes et de style de costume différent). C’est pour ces richesses que le XIIIème a retenu notre attention.

Nous avons choisi comme emblème pour notre association la rune de Thorn représenté sur un bouclier d’acier avec une épée et une rapière croisée derrière celui-ci.

La rune de Thorn est d’origine celtique : ordre pouvoir de résister aux choses qui menacent le bon ordre (comme une épine sur une plante pour la protéger). Elle attribue au dieu Thor, seigneur de la force, possesseur du marteau cosmique Miollnir, amenant fécondité et renaissance. Le dieu Thor est également associé à l’épine qui blesse mais stimule et révèle les héros lorsqu’ils se découragent.

Normalement, notre association est censée monter des combats aussi médiévale que renaissance (représenté par la rapière). Cependant, aujourd’hui notre association ne comporte plus de rapiéristes car notre maître est parti temporairement et n’ayant laissé qu’une seule personne, celle-ci s’est tournée vers le médiéval.

Mais d’après les bruits qui courent, l’année prochaine l’association va rouvrir un groupe rapière (je m’en réjouis d’avance).

Nous partageons  notre passion pour ces époques en représentant lors de fêtes des combats historiques à pied (étant pauvre et peu expérimenter pour combattre à cheval). Les combats sont chorégraphiés à l’avance des représentations lors des divers entraînements pour notre sécurité (chez nous l’improvisation est interdite du moins en spectacle). Nous privilégions ce type ou style de combat pour plusieurs raisons. Tout d’abord cela permet de donner plus de fluidité au combat (en effet comme nous connaissons par cœur nos mouvements, il n’y a pas d’excitation lors du combat), de plus cela nous permet à la différence de X de montrer des mouvements originaux qui apportent une réalité impressionnante à nos combats (X ont des mouvements prédéfinis tout comme la Y ce qui à la longue donne une impression de déjà vu).

Notre but est d’approcher au maximum un combat d’époque ainsi bien dans sa rapidité que dans sa férocité (nous avons une réputation de combattants chevronnés) tout en l’alliant avec une sécurité quasi irréprochable (en effet nous ne sommes pas à l’abri d’un oubli dans nos mouvements, mais durant l’entraînement nous apprenons à maîtriser et surtout à arrêter nos coups si notre partenaire se trompe).

L’association a été en 2004, pour une bande réduite d’adeptes chevronnés de capes et d’épées, dont deux vices champion du monde d’escrime artistique. L’un s’occupe de l’entraînement physique et l’autre du côté plus technique.


Photo: "Montjoie Saint-Denis, que je trépasse si je faiblis!"


Après quelques généralités, je vais maintenant vous parlez de mon expérience en tant que Frère d’Arme de Thorn depuis 2004.

Bon je me présente, je m’appelle Nicolas et actuellement comme Sylvain je poursuis des études de droit.

 Je suis rentré dans cette charmante association, grâce à un miraculeux hasard. Pour ainsi dire depuis l’âge de 8ans je rêvais de faire de l’escrime comme les chevaliers. Mais pour pratiquer un tel sport il faut être au moins majeur (c’est aussi une condition pour entrer dans cette association). En attendant, j’ai pratiqué l’escrime classique à Meylan pendant 1an, mais voyant qu’avec une simple touche sur le petit doigt de la main un combat pouvait être gagné cela me découragea de poursuivre cette voie ou l’on favorise la touche ou dépit d’un coup mortel. Du coup, pendant 4ans, je me suis mis à pratiquer le kendo (escrime japonaise à voie du sabre) à Meylan en attendant de pouvoir pratiquer l’escrime médiévale (franchement sa vaut le coup d’aller voir un entraînement de kendo : pour plus de renseignement allez voir sur leur site à l’adresse suivante : http://meylankendo.free.fr/welcome/index.php). Par chance, un fondateur des Frères d’Armes de Thorn lui aussi passionné par le kendo est venu pratiquer ce sport. Puis par hasard, je lui ais parlé de mon désir de faire de l’escrime médiévale par l’intermédiaire de l’université. Il m’a vivement déconseillé de m’inscrire à l’université, en me disant que cette année il allait créer une association d’escrime médiévale et qu’il cherchait des gens motivés pour pratiquer de la rapière. Vu mes aptitudes (3ème en compétition kendo sur la moitié de la France) et mon sérieux en kendo, j’ai pu intégré les Frères d’Armes sans problèmes.

Aujourd’hui, pour pouvoir rentrer dans cette association, il faut surtout bien connaître un membre et après c’est bon (vive le pistonnage). C’est très famille, tout le monde se connaît plus ou moins bien et le groupe reste très soudé vu son nombre. La bonne humeur (de drôles de surnoms sont donnés : Gay Lord ; Gimli ; Troll ; Patrocle etc…) et le sérieux sont de rigueur mais aussi qualité importante vous devez bien tenir la bière car de nombreux « bier day » ou beuveries sont mis en place tout au long de l’année.

Ma première fois était assez spéciale, en effet car étant rapièriste, nous étions que deux (mon maître et moi) et les médiévistes aiment bien taquiner les fines lames…

Notre objectif est de participer à des fêtes médiévales (deux ou trois dans l’année) pour faire grandir notre association (être connu, avoir plus de matériel etc).

Actuellement, nous n’avons plus de salle d’entraînement (avant nous étions au Fort de Comboire), mais nous cherchons une salle sur Grenoble pour pratiquer le vendredi soir de 19h à 22h environs).

Nous sommes réputés pour être des guerriers, de ce fait l’entraînement physique (sans les armes) dure souvent plus d’une heure (c’est aussi très intense), puis nous passons ensuite à l’entraînement avec nos armes respectives. Pour les nouveaux, vous devez commencer obligatoirement par une année de bâton pour bien apprendre les déplacements et les mouvements de base. Et après cette année vous vous spécialiser dans l’arme que vous voulez en quelque sorte. Normalement, il y a des grades comme seigneur, chevalier, sergent, hommes d’armes mais après cela est laissé aux soins de nos bons chefs. Question organisation c’est pas tout les jours la fête mais on survit quand même malgré si parfois c’est fait un peu à la va vite et que à chaque assemblée général on change la mise en scène des spectacle à chaque fois.

Sinon la troupe est constituée en général de jeunes hommes (entre 18 et 30ans) qui ont chacun leur propre originalité.

Alors qu’est ce qui m’a attiré ? Hum tout d’abord j’adore l’histoire et plus particulièrement le Moyen Age avec ces mythes et légendes. Ce sport me permet pendant l’histoire d’un spectacle de réaliser mes rêves d’enfant et de jour au chevalier (sauf que j’ai pas encore trouvée une magnifique princesse à réveiller par un baiser). En même temps c’est vraiment un sport où l’on doit s’investir à fond aussi bien pour faire les combats, participer aux différentes fêtes médiévales ainsi que la réalisation artisanale des costumes. En effet, nous réalisons nos costumes nous-mêmes et je dois avouer que cela prend du temps (et toujours la tête). Mais chacun à sa spécialité, cuir, forge (car bientôt nous avons un forgeron en cours de formation), couture etc… Bref L’escrime c’est trop bien !!!!!!!!!!!! (PS on cherche beaucoup de jeunes et jolies jeunes filles). Que dire de plus sinon de passer nous voir lors de nos séances d’entraînements ou spectacles pour pouvoir vous faire une propre idée de ce sport. En espérant vous voir nombreux lors de nos spectacles !!!

 

Pour finir, la devise de l’association : « La puissance d’un combat, le rêve d’une époque ».

 

 

Nicolas.jpg Photo: Il a pas l'air cool, celui-là...



Maître Ponce.


Par Sylvain - Publié dans : Ils y participent aussi!
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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 13:50

« Une même personne ne peut être à la fois musulmane et laïque », Recep Tayyip Erdogan (premier ministre actuel de la Turquie ; islamiste « modéré » pour certains ignares).


Erdogan1.jpg Photo: Erdogan le "modéré".


Avertissement préalable : cet article n’a pas pour but de critiquer la religion musulmane, mais uniquement l’instrumentalisation qui en est faite à des fins politiques. Posséder la foi est une affaire personnelle et à ce titre, mérite le plus grand des respects. A l’inverse, chercher à en imposer arbitrairement les préceptes à une population dans son ensemble constitue une agression qui ne peut être tolérée.

 

Cet article ne prétend aucunement à l'exhaustivité, puisque je n’y rapporte que quelques anecdotes. Je me suis référé, en l'occurrence, à ma seule (petite) expérience et à celle (très grande) de mes amis turcs. Il y aurait beaucoup d'autres choses – hallucinantes – à écrire (elles feront postérieurement l’objet d’articles spécifiques).  En attendant, petit rappel des faits : les islamistes « modérés » de l’AKP possèdent la majorité des sièges au Parlement ; ils ont dorénavant la prétention de conquérir la dernière institution démocratique non encore sous leur coupe :  la Présidence de la République. Ce poste constitue de fait le verrou politique ultime faisant obstacle à l’islamisation radicale de la société, car le président possède un droit de veto à l’égard des lois et des nominations de hauts fonctionnaires.

Des millions de Turcs, attachés à leur liberté et à la laïcité, ont défilé dans les grandes villes du pays ces dernières semaines…

 

efes-Pilsen.jpg Photo: Efes Pilsen, la bière turque par excellence! A déguster bien fraîche au bord du Bosphore...


Première petite histoire : Nous sommes à Istanbul, moi et Tugce ; elle me propose d’aller boire un verre au bord du Bosphore, à Ortakoy. Ortakoy est un quartier laïc, moderne et peu touristique ; y rencontrer une femme voilée tient de l’exploit. Nous descendons à pied à travers les petites rues pavées et arrivons sur une petite place au bord de la mer : les terrasses de cafés se succèdent les unes aux autres, avec leurs fumeurs et fumeuses de narguilé. Nous poursuivons notre chemin, dépassons une jolie petite mosquée (apparemment abandonnée), et pénétrons sur une terrasse à pilotis. Tugce m’a dit un peu avant qu’elle avait l’habitude autrefois de venir ici avec ses amies pour y prendre une bière. Nous nous installons, un garçon nous apporte la carte. Nous cherchons la liste des alcools et ne la trouvons pas. Tugce demande à un serveur s’il est possible d’avoir des bières ; réponse froide et directe : « nous ne servons plus d’alcool ».

La raison, me demanderez vous? Le bar appartient maintenant à la municipalité islamiste « modérée »… Boire une bière doit sans doute être un péché.

Nous quittons le bar sans avoir rien consommé; en passant auprès du serveur, je lâche, en turc et assez fort, un « vive Atatürk ! ».

Le fondateur de la République laïque doit se retourner dans sa tombe.    


Deuxième petite histoire : Je regarde la télévision turque chez les parents de Tugce. Tout d’un coup, je vois une pub pour un soda : Cola Turka ; on y voit des jeunes, garçons et filles, à moitié dévêtus (évidemment les filles sont sexy et dévoilées), faire la fête le soir sur une plage et danser sur de la musique entraînante (de la pop turque pour préciser). Je fais part à la famille de Tugce de mon impression : cette pub est sympathique. On me répond que Cola Turka appartient aux islamistes : les femmes qui travaillent pour la firme (ULKER) doivent porter le voile. Je suis « posé ». D’abord incrédule, je repose ma question, réponse identique et plus développée. Depuis lors, j’ai obtenu confirmation auprès de maints autres personnes.

L’islamisme Turc avance masqué...

 

Troisième petite histoire : Je rencontre une copine de Tugce. Son papa occupe un poste assez important au sein de Turkish Airlines, la compagnie aérienne nationale. Elle m’explique que tous les collègues de son père ont été remplacés par des islamistes : le pouvoir de nomination des fonctionnaires par le parti AKP fonctionne à plein régime (le veto présidentiel ne trouve à s’appliquer que pour la haute administration) et s’étend à l’ensemble des entreprises nationales. Son papa a été conservé uniquement parce qu’il possédait des compétences que n’avaient pas les candidats islamistes au poste.

Même si un jour l’islam politique devait perdre le pouvoir, ses hommes seraient encore confortablement installés au cœur de l’édifice…

 

Quatrième petite histoire : Il est de notoriété publique en Turquie que les islamistes donnent de l’argent à certaines femmes en contrepartie du port du voile. Des femmes connues, au mode de vie occidental voire dissolu, arborent du jour au lendemain un strict foulard islamique ; des jeunes femmes, de milieu laïc mais pauvre, couvrent leur tête en échange du financement de leurs études universitaires...

 

Cinquième petite histoire : Je tombe, par hasard, dans la voiture des parents de Tugce, sur un prospectus pour une résidence de vacances de luxe au bord de la mer de Marmara. Je pose quelques petites questions. La maman de Tugce m’explique que la résidence appartient aux islamistes, que ceux-ci l’ont démarché elle et son mari pour les inviter à passer un week-end entièrement gratuit dans le centre. En tant que fervents laïcs, ils ont refusé. Mais combien d’autres acceptent ?

L’opération séduction tourne tous azimuts…

 

Sixième petite histoire : J’arrive au Resto U et je vois un Turc que je connais. Je m’assois à sa table. En face de moi, deux autres Turcs, un garçon et une fille. On discute de tout et de rien. Comme toujours, la discussion glisse  imperceptiblement sur la Turquie et les islamistes au pouvoir. La mère d’Arda (c’est le garçon en face de moi) occupait un poste important à Turkish Airlines ; elle a été mise en pré retraite pour laisser la place à un islamiste (confirmation de la troisième petite histoire). Arda m’explique que Turkish Airlines, c’est la Turquie en miniature, et que partout ailleurs, les islamistes opèrent de la même manière.

 

20.jpg Photo: Manifestation des laïcs à Ankara.


Septième petite histoire : Pour faire face au danger de l’élection d’un président islamiste, le peuple turc est descendu par millions dans les rues du pays (de telles manifestations sont tout simplement historiques dans ce pays). La première manifestation, à Ankara, regroupant environ 1,5 millions de personnes, n’a pas fait l’objet de la moindre image sur les chaînes publiques de télévision, car elles sont aux mains des islamistes. Seules les chaînes privées ont pu reprendre l’événement.

 

Il y aurait encore tant de choses à dire et à écrire... Patience, elles viendront prochainement…

 

Conclusion : la quasi-totalité des Turcs que je connais appelle de ses voeux un coup d’Etat militaire. Les Turcs laïcs considèrent en effet l’armée comme leur seul et dernier espoir face à la menace islamiste.

59.jpg Photo: Les manifestants ont envahi le mausolée d'Atatürk, fondateur de la République laïque, et ovationnent les militaires.


Pendant ce temps, l’Union européenne et les Etats-Unis, en contradiction totale avec les valeurs qu’ils prétendent défendre (la laïcité, l’égalité des droits entre l’homme et la femme, la liberté de conscience, d’expression…), continuent à apporter leur soutien infaillible aux islamistes.

 

Mais le peuple turc résiste…
 

Sylvain.

Par Sylvain - Publié dans : Actualités de Turquie
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Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 10:30
"Ce compte rendu "sincère" représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaitre contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité", le Comité international d'Auschwitz.

Rhoess.JPG Photo: Rudolf Hoess pendant son procès (mars-avril 1947).

Le commandant d'Auschwitz parle constitue l'autobiographie de Rudolf Hoess, commandant en chef du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Rédigé en attente de son jugement et de son exécution (7 avril 1947, Auschwitz), le livre revient sur la vie de l'auteur, depuis son enfance jusqu'à sa capture en mars 1946, en passant par son parcours au sein du parti national-socialiste et des SS. Un ouvrage très instructif, à lire absolument pour comprendre de l'intérieur le fonctionnement du régime nazi, les rouages de l'enfer concentrationnaire et l'endoctrinement aveugle au service d'un idéal inepte.

Je ne reprendrai pas par le menu détail le contenu des "confessions" de Hoess - je préfère vous en laisser la primeur - il convient toutefois d'en brosser le rapide résumé.

Hoess a grandi à Baden-Baden, dans une famille catholique particulièrement dévote, qui le destinait à la prêtrise. Peu après la mort de son père, la première guerre mondiale éclate. En 1916, âgé de 15 ans, il réussit à s'engager dans un régiment qui part combattre en Palestine. Il en revient (1918) profondément changé : la mort de sa mère et les trafics de "faux" objets sacrés organisés par le clergé sur les lieux saints, le détournent définitivement de la carrière ecclésiastique.

De fait, il s'engage dès son retour dans les corps francs de Prusse-Orientale. Les corps-francs (dénoncés officiellement, mais soutenus officieusement par le gouvernement allemand), combattent les bolchéviques dans les pays baltes, suite à la Révolution russe de 1917. Hoess participe à l'exécution d'un "traitre"; suite à une dénonciation, il est poursuivi puis condamné à dix ans de prison. Il en exécutera quatre.

De son passage en prison, Hoess dresse une description sociologique intéressante; il met en lumière les comportements des différentes catégories de prisonniers, leur vie et leurs vices, ceux de leurs gardiens...et évidemment sa propre expérience.

A sa sortie (1928), il devient employé agricole, puis il rejoint une communauté agricole, les "artamanes", où il rencontre sa future femme. Pendant cinq années, ils y mènent une vie simple et fondent une famille.


En 1934, Himmler le chef tout-puissant de la SS ("Schutzstaffeln"; commandos de sécurité), l'invite à entrer dans le corps de garde d'un camp de concentration (depuis 1922, Hoess était encarté au parti national socialiste sans y exercer, du moins c'est ce qu'il dit, la moindre activité). Hoess, quoique satisfait de sa vie, et selon ses propos, ignorant alors tout de ce qu'est un camp, reprend du service.


Hoess commence sa carrière à Dachau (1934). Il monte vite les échelons et part à Sachsenhausen en tant qu'adjoint du chef de camp (1938). En mai 1940, il devient chef de camp et reçoit pour mission de créer Auschwitz (Pologne).

Le témoignage de Hoess, oscillant entre édulcoration ("Je n'ai jamais maltraité un détenu; je n'en ai jamais tué un seul de mes propres mains. Je n'ai jamais toléré les abus de mes subordonnés") et sincérité ("Comme par le passé, je reste fidèle à la philosophie national-socialiste. Lorsqu'on a adopté une idée depuis vingt-cinq ans, lorsqu'on s'est attaché à elle corps et âme, on n'y renonce pas parce que ceux qui devaient la réaliser, les dirigeants de l'Etat national-socialiste, ont commis des erreurs et des actes criminels qui ont dressé contre eux le monde entier..."), doit être lu avec esprit critique. Sans renier son engagement, Hoess cherche en effet à minorer sa responsabilité et à en faire retomber la majeure partie sur ses supérieurs et ses subordonnés hiérarchiques.

auschwitztrideportesarriveeconvoi.jpg Photo: "tri" des déportés à leur arrivée à Auschwitz.

La description de l'organisation et du fonctionnement des camps, le comportement des différentes catégories de SS et de déportés sont fort instructives. Elles permettent d'envisager l'univers concentrationnaire d'un point de vue originale car peu courant.

L'abdication totale de la conscience personnelle de Hoess à l'idéologie nazie, ne peut que susciter l'horreur et nourrir la réflexion : un être, apparemment ordinaire, peut se révèler au nom de sa "croyance", le pire des barbares.

Pour finir, voici les dernières phrases de Hoess, à chacun d'apprécier :

"J'étais un rouage inconscient de l'immense machine d'extermination du Troisième Reich. La machine est brisée, le moteur a disparu et je dois en faire autant. Le monde l'exige [...]. Que le grand public continue donc à me considérer comme une bête féroce, un sadique cruel, comme l'assassin de millions d'êtres humains : les masses ne sauraient se faire une autre idée de l'ancien commandant d'Auschwitz. Elles ne comprendront jamais que, moi, aussi, j'avais un coeur..."

 
Sylvain.
Par Sylvain - Publié dans : Critiques (livres, restos...)
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 17:46
"La forme, c'est le fond qui remonte à la surface", Victor Hugo.

Quelques personnes ont vu dans le nom de mon blog un slogan politique, a fortiori "ambigu" voir "sarkozyste"... Qu'en est-il vraiment?

DrapeauBresil.jpg Illustration: drapeau du Brésil, avec sa devise, "Ordre et Progrès".

Au moment de créer ces pages virtuelles - un peu par hasard, il convient de l'écrire - il a fallu choisir un nom. J'aurais pu opter, comme le font certains, pour un titre fantaisiste, du style  "Marc Assin" ou "Amateur de pastagua"; bref, un intitulé très satisfaisant intellectuellement...

Je décidais toutefois de trouver quelque chose d'un peu plus "élevé"; les articles que je comptais rédiger ou éditer devaient, la plupart du temps, être sérieux, permettre l'appréhension ou la découverte de sujets peu courants, parfois délicats, mais en aucun cas se cantonner à rapporter ma vie ou celle de mes amis. Mon choix, instinctivement, se porta sur la maxime "Ordre et Progrès". Pourquoi?

Mon but n'était en aucun cas de faire référence à une pseudo idéologie sociétale; je m'étais en effet fixé pour ligne directrice, dès la création de ce blog, de ne pas aborder les questions d'ordre politique (interne en particulier), sauf exceptions.  Ceux qui me connaissent suffisamment, savent que j'essaie - dans la mesure du possible, car nul n'est parfait - d'être politiquement le plus neutre possible, et même, pour ainsi dire, d'être apolitique. Je ne crois pas plus en l'éthique générale des élus, qu'en la clairvoyance systématique des électeurs. De mon point de vue, la "scène politique" constitue la plupart du temps un opéra-bouffe, un miroir aux alouettes, qui aveugle davantage ceux qui s'y intéressent, qu'il ne les éclaire. 10% de l'iceberg est visible, le reste est flou voire imperceptible. La démocratie universitaire fournit d'ailleurs de belles illustrations de ce paradigme ancien.

Ceci étant dit et pleinement assumé, je dois maintenant expliquer mon choix "Ordre et Progrès". Ce nom n'étant pas un slogan politique, il ne peut donc être au mieux qu'une devise personnelle. Il n'est pourtant même pas cela. Il constitue seulement une maxime, parmi tant d'autres, que j'apprécie parce que je la crois juste.

Je pense que la structuration de l'individu constitue le préalable nécessaire à son développement. Pour résumer ma pensée, nos réussites sont en grande partie conditionnées par les sacrifices et la discipline personnelle auxquels nous acceptons de nous soumettre.

Sylvain.
Par Sylvain - Publié dans : Réflexions diverses
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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /Juin /2007 23:12
 

Aujourd'hui, Steven (ne serait-ce pas plutôt Guy G? :) ) nous propose de découvrir l'une des particularités de son écriture. Bonne et joyeuse lecture...

***


Présentation: Steven, jeune homme bien sous tout rapport, aime les balades le long de la plage, les freins à main dans les graviers (ardéchois) et ne rechigne pas à boire quelques gouttes d'alcools. Accessoirement, il aime s'adonner à
l'écriture, variant les thèmes et les plaisirs.

 

squelette.jpg                             Illustration: Steven serait-il passé par là?


Quatre récits, dont trois qui sont déjà écrits et à chaque fois le même rituel. Une fois que le récit s’achève, je me sens obligé de donner la mort à un ou deux personnages. Pourquoi je fais ça ? Je n’ai pas vraiment d’idées en fait. Attention, il ne faut pas comprendre que je n’ai pas d’idées pour terminer mes histoires, c’est juste que je n’ai pas d’idées pour expliquer ma frénésie meurtrière à la chaîne. Enfin bon.

On peut tout de même trouver des similitudes dans les histoires. Généralement, c’est le personnage secondaire qui vient à mourir, sauf dans l’une d’elle où c’est le personnage principal qui meurt, et pour cause, il est en fait le seul personnage de l’histoire ! En général, je m’arrange tout de même pour que le lecteur ait une bonne opinion de lui, je lui fais faire sa B-A et couic ! On coupe. Enfin on coupe, on lui enlève la vie.

Je n’ai pas vraiment de préférence sur la façon de donner la mort à mes personnages. Une bonne vieille fusillade de derrière les fagots dans mon premier récit, comme on dit « c’est de bonne guerre » (dans la nouvelle Erreurs d’adolescence). Un homicide au couteau dans le deuxième, classique mais efficace, en plus en général, le personnage a juste le temps de donner une information capitale pour la fin de l’histoire avant de s’en aller vers un monde moins violent pour lui (dans le roman « Erreurs de Frappes »). Le troisième récit voit une pendaison d’un prisonnier, en même temps, il le méritait un peu (dans la nouvelle Entrer pour sortir).

Et le quatrième ? Normalement je ne dois pas en parler, il est en cours de réalisation. Mais j’ai déjà la fin, je sais que le personnage principal mourra, quoiqu’il arrive. Je vous le dis, je tue à la chaîne. J’essaierai de faire une mort plus réjouissante pour le coup, du moins dans sa perception par le personnage (dans le roman que j’espère terminer avant la fin de l’année, mais je garde son titre secret).

Voilà, maintenant pourquoi je fais ça ? Pourquoi je les tue ? Je crois que c’est juste pour dire que j’ai accepté depuis longtemps la mort et aussi pour dire à tous que la vie est trop courte, comme on le répète souvent, on ne sait jamais quand elle va s’arrêter, c’est pourquoi il faut en profiter au maximum. Enjoy Coca cola ! Enjoy life ! Enjoy simply !

Tout ça me fait penser que dans une trilogie écrite à quatre mains, les trois personnages principaux (non ce ne sont pas les trois mousquetaires, loin de là) ne sont pas mort à la fin du troisième épisode. Je pense bientôt m’atteler à briser les règles de la convenance littéraire pour tuer ses avortons dans le quatrième et dernier épisode (Scary Movie l’a déjà fait en plus).

Steven.

 
A consulter: http://scapples2.spaces.live.com/ (le blog de Steven).


Par Sylvain - Publié dans : Ils y participent aussi!
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 11:18

Avertissement : tu déprimes ? Passe ton chemin. Tu ris ? Lis.

  Omarkhayyam2.jpg Illustration: Omar Khayyam.


Il y a quelques mois de cela, après avoir acheté par hasard un livre que je dévorais aussitôt (Samarcande, d’Amin Maalouf ; j’y reviendrais plus longuement d’ici quelques temps) m’apparut au détour d’une page un géant : Omar Khayyam.

Cet écrivain et savant perse, « poète du vin, libre penseur et astronome de génie » (pour reprendre les termes de Maalouf) a composé des vers qui sont, pour beaucoup, d’une beauté quasi absolue. On appelle ces poèmes des rûba’iyyat. Même sans adhérer à la vision désenchantée mais épicurienne de Khayyam, sa plume révolutionnaire continue d’émouvoir presque mille ans plus tard.

Khayyam aborde notamment les thèmes de :

 
- l’absurdité de l’ambition personnelle


De temps à autre, un homme se dresse dans ce monde,

Etale sa fortune et proclame : c’est moi !
Sa gloire vit l’espace d’un rêve fêlé,
Déjà la mort se dresse et proclame : c’est moi !

 
- le fanatisme religieux


Rien, ils ne savent rien, ne veulent rien savoir.
Vois-tu ces ignorants, ils dominent le monde.
Si tu n’es pas des leurs, ils t’appellent incroyant.
Néglige-les, Khayyam, suis ton propre chemin.

 

- le rapport à Dieu


Le Ciel est le joueur, et nous, rien que des pions.
C’est la réalité, non un effet de style.
Sur l’échiquier du monde Il nous place et déplace.
Puis nous lâche soudain dans le puits du néant.


- L’amertume de l’existence


Passe le temps béni de ma jeunesse,
Pour oublier je me verse du vin.
Il est amer ? C’est ainsi qu’il me plaît,
Cette amertume est le goût de ma vie.

 
- Et surtout, les bonheurs simples de la vie : les femmes, le vin…

Omarsaghism.jpg
Illustration: servante perse.

Au printemps, je vais quelquefois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri.
Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin, je ne pense guère à mon salut.
Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien.


Rien ne m'intéresse plus.
Lève-toi, pour me verser du vin!
Ce soir, ta bouche est la plus belle rose de l'univers...
Du vin! Qu'il soit vermeil comme tes joues, et que mes remords soient aussi légers que tes boucles!


L'aurore a comblé de roses la coupe du ciel.
Dans l'air de cristal s'égoutte le chant du dernier rossignol.
L'odeur du vin est plus légère.
Dire qu'en ce moment des insensés rêvent de gloire, d'honneurs!
Que ta chevelure est soyeuse, ma bien-aimée! 
 
Les étoiles laissent tomber leurs pétales d'or.
Je me demande pourquoi mon jardin n'en est pas déjà tapissé.
Comme le ciel répand ses fleurs sur la terre, je verse dans ma coupe noire du vin rose. 

 
La brise du printemps rafraîchit le visage des roses.
Dans l'ombre bleue du jardin, elle caresse aussi le visage de ma bien aimée.
Malgré le bonheur que nous avons eu, j'oublie notre passé.
La douceur d'Aujourd'hui est si impérieuse! 

 
Omar-Khayyam-tomb.jpg Photo: mausolée d'Omar Khayyam à Nichapour (Iran).


Certains des rûba’iyyat de Khayyam, jugés trop « libres », sont aujourd’hui censurés par la République islamique d’Iran.


Sylvain.
Par Sylvain - Publié dans : Réflexions diverses
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