Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 16:05
Cet article avait été publié sur mon précédant blog en mai 2006; je le poste à nouveau car sa teneur est plus que jamais d'actualité: la République laïque de Turquie continue en effet de subir les assauts répétés du parti AKP, prétendument "islamiste modéré" aux yeux de l'Occident. Petit rappel des faits: un avocat intégriste musulman pénètre armé dans le Conseil d'Etat (juridiction suprême, gardienne de la laïcité), décharge son pistolet sur les juges aux cris de "Allah est grand!", en blesse quatre (dont l'un décédera postérieurement de ses blessures) et en abat un sur le coup. Le premier ministre, le pieux Erdogan, ne se rendra pas aux funérailles, préfèrant inaugurer un gymnase dans le sud du pays.

Turquie-1391.jpeg
Photo: les Turcs laïcs rendent un dernier hommage au juge assassiné (Ankara).

 

Depuis que les islamistes ont pris le pouvoir, ils s'évertuent chaque jour davantage à remettre en cause la Laïcité, principe constitutionnel de la République instaurée par le Gazi Mustafa Kemal ATATÜRK en 1923.

 

Etrangement, les autorités européennes, qui sont promptes à stigmatiser les "violations des droits de l'Homme" commises par la Turquie, restent silencieuses alors que les "barbus" transforment patiemment un Etat laïc en une théocratie moyenâgeuse par les assassinats, la corruption et le noyautage de l'administration.

 

Nos gouvernants bien-pensants préfèrent débattre et légiférer sur des crimes commis il y a presque 100 ans, par un régime différent (le Sultanat), plutôt que condamner ceux d'aujourd'hui, qui portent atteinte à une démocratie.

 

A moins du renversement des responsables islamistes aux prochaines élections, le seul espoir résidera dans les mains de l'Armée, garante de la Laïcité. Quelle sera la réaction de nos technocrates bruxellois en cas de coup d'Etat?! Condamneront-ils le sauvetage de la démocratie par la force ou regretteront-ils le régime liberticide des obscurantistes?

 

La réponse est bien sûre déjà connue.

Pour la petite histoire, le Premier Ministre turc, ERDOGAN, islamiste, ne s'est pas rendu aux funérailles du juge assassiné...en effet, il "devait" inaugurer un complexe sportif dans le sud du pays. De là à dire qu'il cautionne le meurtre terroriste, il n'y a qu'un petit doigt de pied...

 

HONTE A LUI ET A SES SBIRES.

Sylvain, le 20 mai 2006.

PS: ci-dessous deux articles qui rapportent les faits.

 

 
 
 
 
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vendredi 19 mai 2006, mis à jour à 08:09

Après l'assassinat du juge Ozbilgin

La Turquie laïque dans la rue

 

Eric Mettout, avec Reuters

25 000 personnes ont manifesté à Ankara en hommage au magistrat assassiné mercredi par un "soldat de dieu"

© Reuters

Quelque 25 000 personnes ont manifesté à Ankara, hier, pour défendre la laïcité, menacée à leurs yeux par l'assassinat, il y a quelques jours, d'un juge du Conseil d'Etat par un tueur se proclamant "soldat de dieu". Le gouvernement de Tayyip Erdogan a inspiré de nombreux slogans, qui accusaient le parti Justice et Développement (AKP, islamistes modérés, au pouvoir) de vouloir remettre en cause la laïcité de la Turquie.

A leur arrivée à la mosquée de la capitale, où se sont tenues les funérailles du magistrat, Mustafa Ozbilgin, les ministres ont été sifflés et accueillis aux cris de "les meurtriers dehors" ou "gouvernement démission". Plusieurs milliers de personnes se sont parallèlement rendues en cortège au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, considéré comme le père de la Turquie moderne et laïque. Il s'agirait de la plus forte mobilisation pour la défense de la laïcité depuis la réaction à un attentat à la voiture piégée, fatal au journaliste Ugur Mumcu, éditorialiste au quotidien Cumhuriyet, en janvier 1993.

 

"On voit bien qu'il s'agit d'une attaque contre notre République et contre le caractère irrévocablement démocratique et laïque de cette République", avait déclaré après la fusillade le président Ahmet Necdet Sezer, connu pour ses convictions laïques. Hier, il a de nouveau mis en garde ses concitoyens "contre les dangers et les risques qui menacent notre République".

"Soldat de dieu"

Le juge Ozbilgin a été abattu mercredi par un jeune avocat islamiste, qui a fait irruption dans une salle du Conseil d'Etat. Quatre autres magistrats ont été blessés par le tireur, qui a déclaré qu'il était un "soldat de dieu" avant d'être interpellé. La police aurai procédé à neuf arrestations depuis le drame.

 

La deuxième chambre du Conseil d'Etat, visée par le tireur, traite de dossiers concernant l'éducation. Elle avait essuyé de violentes critiques de la part des milieux islamistes pour la rigueur avec laquelle elle applique l'interdiction du port du foulard dans les lieux publics. Tayyip Erdogan lui même avait critiqué l'un de ses arrêts, rendu en février dans une affaire impliquant une enseignante portant le voile, qui contestait le rejet de sa demande de promotion. La cour l'avait déboutée.

Un an avant les prochaines élections, la tension monte entre les laïques - dont les valeurs sont traditionnellement défendues par l'armée - les islamistes et le parti au pouvoir.

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Ils estiment la laïcité turque en danger face à la pression croissante des islamistes. Des dizaines de milliers d'habitants d'Ankara ont manifesté jeudi dans la capitale et conspué le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan au lendemain d'une attaque visant le Conseil d'Etat, bastion des valeurs républicaines et ayant coûté la vie au magistrat Mustafa Yücel Özbilgin 64 ans. C'est au cri de «Dieu est grand» que l'assaillant, Alparslan Arslan, un avocat de 29 ans, avait fait feu dans cette institution connue pour sa fermeté à faire respecter l'interdiction du port du voile islamique dans la fonction publique et les universités. Quatre autres magistrats avaient été blessés

 

«Gouvernement, démission», «Premier ministre, assassin», «Les mollahs en Iran», a scandé la foule, dans laquelle figuraient de nombreux militaires de haut rang, lors des funérailles du magistrat. Les manifestants, réunis sur l'esplanade de la mosquée de Kocatepe, la plus grande d'Ankara, ont violemment conspué les membres du gouvernement venus participer à la cérémonie. Le ministre de l'Intérieur, Abdulkadir Aksu, a été visé par des jets de bouteilles en plastique. Considéré comme le chef de file de l'aile la plus radicale de l'AKP, le parti islamiste modéré au pouvoir de puis 2002, le vice-Premier ministre Abdullatif Sener, a été copieusement insulté, accueilli aux cris de «Que viens-tu faire ici, sans honneur». Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan était absent, en visite dans la ville balnéaire d'Antalya (sud de la Turquie), selon son programme officiel.

 

Dans la matinée, une foule de plus de 25.000 personnes avait afflué au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la République laïque sur les décombres de l'empire ottoman, pour afficher son attachement aux valeurs de la République, scandant «La Turquie est laïque et le restera». Il y avait là des centaines de magistrats et d'avocats revêtus de leurs robes et une vaste foule de simples citoyens —certains arborant des photos d'Atatürk ou le drapeau turc. Leur cible le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, un ancien militant islamiste dont l'épouse et les deux filles sont voilées. Il s'en était publiquement pris aux décisions du Conseil d'Etat dénonçant notamment comme une «ingérence dans la sphère privée», l'arrêt des magistrats qui avaient validé les sanctions contre une directrice d'école primaire portant le foulard hors de son établissement. Le quotidien islamiste radical «Vakit» avait publié leurs photos les désignant comme cible.

 

Le Premier ministre promet «un châtiment exemplaire» au coupable du meurtre et à ses éventuels complices. Certains au gouvernement dénoncent cette attaque «comme une provocation» des services. Le camp laïc, lui, accentue la pression. «Ceux qui sont la cause de cette attaque doivent reconsidérer leurs positions et leur comportement», a lancé le président turc Ahmet Necdet Sezer, juriste et partisan convaincu de la laïcité. Denyz Baikal, le leader de l'opposition de gauche, voit dans ce crime «un signal pour ceux qui refusent toujours de voir les grands dangers vers lesquels la Turquie est entraînée». La presse libérale accuse encore plus ouvertement le gouvernement d'avoir implicitement encouragé cette attaque.

 

(d'après AFP)

 
Par Sylvain - Publié dans : Actualités de Turquie
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